VATOGBA, ce créateur de talent détourne la ceinture avec un enthousiasme et une candeur de gamin. A Reporters du monde, nous voulions rencontrer des créateurs venant des quatre coins du monde. Histoire de voir ce qu’il en est des apports des différentes cultures dans le processus de création. Alors Vatogba tombait bien. Né en Côte d’Ivoire, arrivé en France à 22 ans, il a vécu presque autant d’années en France et en Afrique. L’exemple parfait ! Mais avec Vatogba, méfions-nous des apparences.

Plantons le décor : Il arrive à notre rendez-vous, une allure de jeune ado, vêtu d’un sweat capuche gris et d’un blouson noir. Un air décontracté ou peut-être seulement l’apparence. Un sourire interrogatif et un sandwich à la main. Il a peut-être faim ? Mais il mange peu. Comme si le sandwich était là pour lui donner une contenance.

Il raconte son histoire. Il parle de son parcours. Seulement 5 ans qu’il s’est lancé dans la création. CAP de couture dans un CFA( centre de formation et d’apprentissage) Le diplôme en poche, très vite, il monte sa boîte, hébergée dans les couveuses de la ville de Paris. Il y a juste 3 ans, il crée sa collection d’accessoires avec des ceintures militaires. En s’inspirant des ceintures de marins… parce que son père était officier de marine, enfin non…

En fait, un jour de ses 15 ans, il a juste appris que ce père qu’il pensait être son père n’était pas son père. Conséquence immédiate. Il quitte la famille et Abidjan et va vivre chez ses grands parents maternels dans un village de Côte-d’Ivoire. Exit l’enfance. Bonjour la vie sans filets !

De son arrivée à Paris et de ses dix ans passés dans la capitale, il survole très vite.. Au fait, pourquoi Paris ? La question semble l’étonner, tellement c’est une évidence. Il parlait français, tout simplement ! Alors quid de ces années parisiennes ? Une hésitation…Des petits boulots, serveur …..Et puis vendeur de prêt-à-porter ! Ah, on se dit qu’on le tient le fil. Mais non, à peine consent-il à raconter comment, travaillant aux Galeries Lafayette, il présente, presque fortuitement des dessins à une exposition de jeunes créateurs. Et où, surprise, ils sont achetés! Un déclic ?

Pour nous par contre c’est une découverte ! Vous dessiniez ? Oui, tout petit j’ai toujours dessiné. Donc, enfant, Vatogba dessinait. Un peu, beaucoup, mais pas franchement, pas ouvertement. Pour son père, ce n’était pas sérieux. Il fallait travailler à l’école, pour avoir un vrai travail. Alors le dessin, comme fil conducteur ? Peut-être….

En 2005, Vatogba se réveille ! Il a déjà 30 ans et plus de temps à perdre !

Une formation en accéléré, des stages chez des créateurs et tout de suite il veut créer sa marque. Le nom, et bien il ne sait pas. Il cite un nom banal. Mais pourquoi prendre un nom banal alors qu’il a un nom si particulier. Bingo ! La marque Vatogba est née. Vatogba, le nom que sa grand-mère lui avait donné, le même nom que son grand-père. Une fierté ! Un retour dans l’histoire familiale par la grande porte.

Depuis, Vatogba ne s’arrête plus. Surtout depuis qu’il a créé sa collection d’accessoires faîtes d’assemblage de ceintures en coton. Anciennes ceintures de marins, robustes et lavables, il en fait des bracelets avec un V, des sacs, des colliers, des boucles d’oreille …De toutes les couleurs. De toutes les formes. Et ce n’est pas fini !

D’une idée, il dit, quand elle arrive qu’elle que soit le moment du jour ou de la nuit, je m’y colle et je ne m’arrête que lorsque je suis totalement satisfait. Elle en devient une obsession. Et si par malheur, il découvre qu’une de ses idées a déjà germé dans la tête d’un autre créateur, ne serait-ce que l’embryon de cette idée, il l’abandonne. Surtout ne pas prendre le risque que sa réputation soit entachée.

Les dessins, la fabrication, les salons, les démarchages, les télés, la vente, il fait tout. Sa maison, c’est son atelier. Les boutiques les expositions, ses lieux d’inspiration. Du dessin à la conception. De la commercialisation à la promo. Tout est une occasion d’apprendre pour mieux tout maîtriser.

Et demain ?

Un nouveau matériau à transformer ? Bien sûr l’idée est là, déjà, tapie dans un coin de son cerveau. Mais avec les ceintures, l’aventure n’est pas finie ! Il n’a pas encore épuisé toutes les combinaisons possibles. Il en est même étonné. Étonné de toutes les possibilités de détournement qu’il soupçonne encore, curieux de ce qu’il va trouver, impatient de créer !

Ses collections sont à découvrir sur le site wwww.vatogba.com.

Photos de Vatogba : Tous droits réservés

 

 

 

 

 

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