Le Centre des Arts visuels de l’abbaye de Jumièges présente la  première exposition de la saison. Construite comme un parcours, En/quête d’identité présente les regards singuliers d’artistes, photographes et vidéastes, dont l’œuvre ne cesse d’interroger à travers le portrait et l’autoportrait une identité plurielle, en perpétuelle mutation.

Jumièges, au fond d’un méandre de la Seine, à quelques encablures de Rouen,  est situé sur la route des abbayes normandes. De Rouen , on y arrive par une charmante route coincée entre la Seine d’un côté et des hautes falaises de craie de l’autre. Son abbaye fut un temps un des plus importants monastères d’Occident, un foyer de création de manuscrits enluminés, accueillant l’élite du royaume.  Mais les Vikings et plus tard la Révolution viendront mettre un terme à cette hégémonie.  Au XIXe siècle, elle sera qualifiée de plus belle ruine de France. Aujourd’hui les ruines sont toujours majestueuses, les points de vue toujours uniques et un Centre des Arts visuels y est installé, organisant ateliers, rencontres et expositions de mars à septembre.

En/quête d’identité  joue le prélude au festival Normandie impressionniste, dont le thème cette année est le portrait. L’exposition associe 16 artistes, d’univers culturels et géographiques différents qui interrogent et  s’interrogent sur la notion l’identité, sujet d’actualité assurément brûlant mais aussi objet d’interrogations éternelles. Cette édition est dédiée à Leila Alaoui, la jeune photographe et vidéaste franco-marocaine, décédée en janvier dernier à Ouagadougou,  présente avec Les Marocains. Une série de photos réalisée dans un studio de photo ambulant,  des portraits qui entrent étrangement en résonnance  avec les portraits sculptés du XIIIe siècle ou la tête couronnée de Guillaume le Conquérant du Logis abbatial.

Un peu plus loin, Bruno Rosier hésite entre portrait ou autoportrait, Valérie Belin interroge  la réalité des sosies, à plus forte raison quand il s’agit de M. Jackson,  Omar Victor Diop se fond dans un autre personnage, Moussa Sarr se glisse dans la peau d’un animal…. Ailleurs, Catherine Ikam réalise un portrait à la fois présent et insaisissable qui vient en interaction avec le visiteur,  Orlan présente à l’aide d’une application son avatar, Levi Van Veluw met en scène sa famille, mêlant vidéo et sculpture… Se confrontant aux  mutations technologiques de la photographie. Alors que Martial Charrier préfère laisser le temps faire son travail…

L’exposition se tient du 12 Mars au 12 Juin. A l’Abbaye de Jumièges (76) au Logis abbatial.

Photo: Omar Victor Diop, Jean-Baptiste Belley- Série Diasporas, 2014. Courtesy. Galerie Magnin. Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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