Après Claude Simon et Marguerite Duras, la Bibliothèque Publique d’Information du centre Pompidou (BPI) consacre une exposition à Jean Echenoz qui poursuit son travail littéraire depuis une quarantaine d’années et qui en 17 romans n’a cessé d’explorer les différents genres littéraires. Une exposition tout en mouvement, qui rassemble tapuscrits, archives cinématographiques et photographiques extraits d’émissions, documents… Une plongée singulière dans l’univers de Jean Echenoz.

On y apprend (entre autres): « qu’il écrit des livres comme il aurait pu être réalisateur de film, si il pouvait travailler avec les autres » Du coup l’avantage « d’être écrivain c’est qu’on peut faire du cinéma en solitaire » ! Et de plonger dans sa cinémathèque personnelle. Extraits choisis avec soin et sans hasard pour une bande annonce haute en couleurs.

L’écriture ? Ce n’est que du travail et du travail et encore du travail. Mais malgré ou en raison de cela « Écrire est la chose la plus tranquillisante et excitante qui existe » répond-il à Laure Adler au Cercle de Minuit en 1995. Rien de plus réconfortant que de s’installer à sa table de travail, chaque matin, d’écrire sur des grands cahiers cartonnés qui rappellent des livres comptables. Il conserve tout, un billet d’avion, une note de restaurant, un journal intime trouvé dans une poubelle d’une chambre d’hôtel…On ne sait jamais, ça peut servir… ou pas. Il écrit toujours plusieurs versions d’un livre où il approfondit les scènes, où les personnages passent du statut de silhouette à des personnages de plus en plus complets. Utilise des fiches pour ne pas oublier un personnage pour Cherokee, par exemple. Il se documente beaucoup, a longtemps peu voyagé et pourtant les voyages font partie intégrante de ses livres. Il aime la géographie et les livres de géographie. Le style est dépressif ? Mais il est drôle. Il ne veut pas ni se répéter ni trop expliquer. Pas question d’importuner le lecteur. Mais le gag n’est pas loin.

Et puis, il y a ceux qui l’accompagnent ou l’ont accompagné Olivier Cadiot, Jérôme Lindon, olivier Rollin ou Patrick Deville et Jean-Patrick Manchette, dont on peut lire une lettre drôle et percutante, « A côté des énigmes nombreuses et saugrenues dans ton Cherokee, le vrai mystère de ce bouquin, c’est qu’il tient debout et qu’il est passionnant.Au total je suis épaté parce que c’est épatant. » Comme l’exposition !

Une exposition à voir jusqu’au 5 mars avec une programmation associée de lectures et de rencontres. En savoir plus sur www.bpi.fr

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