Carine, Camille et Mélanie ont créé en Juin dernier « Colore le monde », qui propose de favoriser le développement intellectuel et l’enrichissement culturel des enfants via du soutien scolaire, des ateliers d’Arts Plastiques et d’essaimer ce concept aux quatre coins du monde francophone. En décembre dernier, premiers travaux pratiques ! Camille et Mélanie débarquent à Tananarive avec crayons et pots de peinture. Direction deux orphelinats, TO.PA.ZA à Antananarivo et Zazakely sur l’île Sainte-Marie.

En marge de cette mission, Reporters du monde a voulu recueillir leurs impressions, sur Madagascar. Dans le désordre. Quelles sont vos premières impressions en découvrant Tananarive ?

Camille. Nous sommes arrivées en pleine nuit à Antananarivo, la ville paraissait étrangement calme lorsqu’on connaît l’ambiance des villes africaines. J’étais surprise et presque un peu déçue. Le lendemain, dès l’aube, nous sommes retournées dans le centre de Tana, les rues désertes avaient laissé place à d’interminables marchés, un nombre incalculable de mobylettes qui doublaient par la droite par la gauche, une cacophonie enivrante de klaxons, d’éclats de voix, d’éclats de rires… Le sourire aux lèvres, je découvrais enfin le vrai Tana.

Mélanie. Les rues de Tana constituent un véritable musée de voitures anciennes, ce qui donne une impression d’être hors du temps. A commencer par les taxis qui sont des 4L et des 2CV beige crème. Sur la route de l’orphelinat, il y avait toujours de superbes modèles des années 50-60. Ces voitures sont parfois en mauvais voir très mauvais état, toutefois les malgaches, très bricoleurs, font des miracles…

De Madagascar, si je vous dis…

Un paysage…Mélanie. Les rizières, tout autour de la ville de Tana, la couleur verte est saisissante !

Une couleur, une odeur, le climat… Camille. L’Afrique est un pays haut en couleurs, mais ce qui m’a étonné le plus c’est le ciel bleu intense. Surtout à Sainte-Marie.

La nourriture, les bons plats… Mélanie. A Tana, nous mangions des catless. Ce sont des galettes de farine, mélangeant pomme de terre et viande et aussi des sambos, des beignets malgaches fourrés à la viande que nous « dévorions » dans la voiture après 8 heures d’ateliers. Que des petits plats traditionnels que l’on trouve également dans des petites épiceries, des gargotes, ou des restaurants. A Sainte-Marie, les multiples poissons tout frais péchés sont délicieux.

Un lieu, un quartier…Mélanie. Le calme et la douceur de vivre de la terrasse du Saka manga, un hôtel-restaurant au cœur d’Antananarivo. La ville d’Antananarivo offre un visage agréable si on prend le temps de bien la regarder. De très beaux paysages, des quartiers traditionnels, des scènes de vie atypiques …

Camille. Vous ne pouvez pas quitter Tana sans être allé faire un tour aux pavillons surtout au moment des fêtes de fin d’année. A mi-chemin entre le souk de Marrakech et les puces de St Ouen l’ambiance y est bouillonnante.

Un artisan …. Mélanie. Les jeunes gens qui font des objets en fer forgés près de Tana sont extrêmement doués. On y trouve de tout : des objets de décoration, des luminaires, des porte-bijoux… Nous avons d’ailleurs acheté de nombreux baobabs pour notre future soirée caritative.

Une musique, un chanteur, une danse… Mélanie. Le groupe de musique SaN’Ja. Le goût des SaN´Ja est éclectique, mais ce groupe met essentiellement en avant le genre de chant traditionnel horija (ou rija betsileo), qu´on joue généralement lors des événements heureux chez les Betsileo, dans les hauts plateaux sud de Madagascar (Fianarantsoa). Ce style de musique assez rythmé est joué par un instrument traditionnel qui est la kabôsy, une petite guitare des gardiens de zébus ainsi qu´une percussion dénommée katsà (maracas).

Une rencontre, bonne ou …mauvaise ! Mélanie. Nos plus belles rencontres, les enfants. Du plus petit au plus âgé, ils avaient tous les yeux qui brillaient lorsqu’on sortait les différents pots de peinture de nos bagages pour débuter les ateliers.

Camille. La plus mauvaise rencontre, c’est certainement, une énorme araignée cachée dans la salle de bain de notre bungalow sur l’île Sainte-Marie.

Ce qui caractérise les Malgaches ….Mélanie La gentillesse et l’hospitalité qui est propre au continent africain. Les Malgaches sont très accueillants. Ils n’ont parfois rien mais donnent tout. Le peuple malgache est un peuple merveilleux qui prie, qui chante, qui vibre, qui partage et qui sourit…

Un conseil pour réussir son voyage à Madagascar ? Camille. Surtout ne pas oublier d’emporter une lampe torche ! En brousse, il fait nuit très rapidement le soir et nous ne sommes pas du tout habituées à nous diriger dans le noir complet. De nombreux bleus pourront en témoigner… Aïe ! Merci Camille !

Le voyage, c’est partir mais aussi revenir. Alors qu’en est-il des impressions du retour ?

Mélanie. Quand on revient de ces missions en terre africaine, nous éprouvons toujours un sentiment très étrange, voir déstabilisant, lorsque l’on sort de l’aéroport pour rejoindre, ne serait-ce que le périphérique ou l’autoroute. Sur place, tout déplacement est compliqué, il faut compter 10h de route pour faire 400km, les voitures tombent souvent en panne, les taxis brousse partent seulement et seulement s’ils sont pleins, il nous est arrivé d’attendre des heures pour repartir à la capitale. On aurait tendance à oublier la chance qu’on a en France, la modernité des moyens de transport, la simplicité pour se déplacer d’un point A à un point B. En Afrique, l’imprévu est prévisible. On ne peut rien prévoir à l’avance, surtout lorsqu’il s’agit de prendre la route !

Contacter l’association Colore le monde ? asso.colorelemonde@gmail.com.

 

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