Dans « Les ombres du métis », tous les ingrédients d’un polar classique sont réunis : sexe, drogue, argent et petits arrangements entre notables. Mais la comparaison s’arrête là. Sébastien Meier qui n’est pas un inconnu dans le milieu littéraire de la Suisse Romande, signe son premier roman policier en s’affranchissant allègrement de toutes les règles d’une enquête conventionnelle. Pour louvoyer dans les zones sombres de la société et sonder les parts d’ombre de l’être humain. Là où le meilleur côtoie le pire.

Paul Bréguet est un ex-inspecteur de police, incarcéré car soupçonné d’avoir tué un homme. Il se confie à l’aumônier de la prison. Pour comprendre ? Expliquer ? Se justifier ? Par bribes comme en pointillé, il raconte des manières pas très orthodoxes de mener son enquête, la rencontre avec Romain Baptiste, jeune homme beau comme un dieu avec un sourire au magnétisme envoûtant et le moment où l’enquêteur n’est plus du tout enquêteur…Dans un premier temps l’aumônier prête une oreille attentive avant d’être envahi par une curiosité inquisitrice et un soupçon de fascination… préférant, au final, s’échapper au risque de se perdre ! La procureure n’est pas en reste non plus. Au cœur du pouvoir, lieu privilégié de collusions de toutes sortes où le cynisme des uns se dispute à la fausse naïveté des autres, quelle est sa partition ?

Dans ce récit à trois voix qui se joue dans les interstices. Chacun fait coïncider les faits avec ce qu’il est, ce qui l’arrange, jouant avec ses propres limites, se jouant des limites. L’alternance de flash-back et de conversations au présent avec l’aumônier accentue les renversements de situations, les retournements, les rebondissements. Plongeant le lecteur dans une sorte de danse à deux temps. Entre ombre et lumière où tout se joue dans le clair obscur..

Les Ombres du métis. Sébastien Meier. Éditions Zoé. éditions Zoé

Né en Suisse romande en 1988, Sébastian Meier s’intéresse tôt et de près à la littérature. Il crée, à 22 ans, une maison d’édition Paulette où il a publié une quinzaine d’ouvrages. En parallèle, il co-fonde un collectif des arts de la scène (Collectif Fin de Moi) avec lequel il signe deux mises en scènes et s’investit également quelques temps au sein du bimensuel La Cité, émanation romande de la nouvelle presse.

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