C’est maintenant devenu un rituel, chaque mois de février voit la parution d’un nouveau livre d’Arnaldur Indridason. Un livre venu tout droit d’Islande. Un pays où il pleut (toujours ?), où il fait toujours nuit (presque toujours ?) et où il fait froid (très souvent ?) …..Et ne parlons pas des cités HLM de Reykjavik ! De plus, le voyage se fait en compagnie du commissaire Erlendur. Un commissaire toujours ronchon qui traîne un infatigable mal de vivre, trouve toujours un os à ronger, sous la forme d’un squelette ramenant à un épisode tragique de l’histoire de l’Islande ou à une disparition vieille de plusieurs années jamais élucidée. Mais malgré ce sombre tableau, ou peut-être en raison de ce sombre tableau, chaque livre opère une même et étrange magie…

Dans La rivière noire…le mort est un jeune homme apparemment sans histoire, retrouvé assassiné chez lui, le corps gavé de GHB, la drogue du violeur. Qui l’a tué ? Quels sont les motifs ? Et si la victime était aussi le coupable ? En l’absence d’Erlendur parti se ressourcer dans ses montagnes natales, c’est à Elinborg, son adjointe, que l’enquête est confiée. À la différence du commissaire, la vie d’Elinborg semble beaucoup plus équilibrée. Sa vie s’articule autour d’un compagnon, mécanicien, de ses enfants, dont un dévoile au monde la vie de la petite famille sur son blog, et de son travail à la police. Quand la pression est trop forte, elle cuisine en mélangeant les épices. (Ce qui nous vaut en prime une superbe description de la cuisine traditionnelle islandaise.) La cuisine, une passion qui va lui être bien utile dans cette enquête.

Au passage, on se balade dans un village islandais, traditionnel, qui se vide peu à peu de ses habitants, parce que les jeunes s’en vont, attirés par la capitale Reykjavik, sa vie facile et ses plaisirs. Un village de « taiseux », où tout le monde sait tout sur tout le monde. Intéressant ! Mais n’en disons pas plus …

Cette nouvelle enquête, somme toute classique avec ses fausses pistes et ses faux coupables, pouvait s’avérer risquée sans le charismatique Erlendur mais le passage de témoin (provisoire ?) à Elinborg est parfaitement réussi. Une fois de plus, Arnaldur Indridason nous fait une description, sans concession, de la société islandaise et de ses transformations. Ce qu’il sait si bien faire !

Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de six romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il est l’auteur de La Cité des Jarres (2005), Prix « Cœur noir » et Prix « Mystère de la critique », de La Femme en vert (2006), Grand Prix des lectrices de Elle, de La Voix (2007), L’Homme du lac (2008), Prix polar européen du Point, Hiver arctique (2009) et Hypothermie (2010).

La rivière noire. Arnaldur Indridason

Traduit de l’islandais par Eric Boury

Aux éditions Métaillé

 

 

 

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