Notre-Dame de Paris, le 16 Août. On est au lendemain de la procession de l’Assomption, un des événement phares de la religion catholique qui célèbre la Vierge Marie. Une jeune fille très belle, tout de blanc vêtue, est retrouvée morte à l’intérieur même de la cathédrale. Inutile de préciser que ça fait vraiment désordre dans ce haut lieu du tourisme et de la chrétienté.

Heureusement, le 36 Quai des Orfèvres n’est pas bien loin. La police est rapidement sur les lieux avec sur ses talons, la jeune procureur. Ils découvrent l’ampleur du désastre. La scène de crime a été piétinée, les témoins c’est-à-dire, les touristes se sont volatilisés, le personnel est muet de sidération et quant à l’Archevêque, il préférerait de beaucoup régler ce problème dans le secret de la sacristie plutôt que de le voir étalé sur la place publique.

Que de questions pourtant ! Qui est cette jeune femme qui la veille s’est faite remarquer pendant la procession, cette femme qui trouble tant les hommes… La seule certitude sur laquelle tout le monde semble d’accord : Elle n’avait pas le style de la dévote modèle. Et quid de ce jeune homme aux allures d’ange blond, toujours à rôder et qui a disparu ? Une enquête débute, somme toute convenue, avec son lot de fausses pistes ou de pistes négligées, de suspect idéal, avec en toile de fond les pressions des autorités aussi bien judiciaires qu’ecclésiastiques. Une enquête qui s’enlise quelque peu, s’il n’y avait un empêcheur de tourner en rond en la personne du père Kern…

Notre-Dame n’est pas pour rien dans le charme que dégage ce roman. On y découvre sa face cachée, les coulisses et les passages secrets mais aussi les «égarés de la cathédrale» ceux qui en ont fait quelque part leur lieu de vie et qui regardent. D’autant plus fins observateurs qu’ils se savent invisibles. Et puis, il y a tous ces personnages à l’histoire cabossée et au parcours complexe. Des portraits esquissés par petites touches… qui viennent contredire les premières impressions, les jugements hâtifs. Des personnages pleins de questionnements et de contradictions à l’image de ce prêtre porteur des ambiguïtés de l’Église et dans une situation où sa conscience sera bien malmenée…

Avec des dialogues aux langages improbables qui donnent une impression d’un roman hors du temps, Alexis Ragougneau signe là un premier roman réussi. Il est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, publiées aux Éditions de l’Amandier.

La Madone de Notre-Dame de Alexis Ragougneau

Aux éditions Viviane Hamy. Collection Chemins nocturnes.

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