« Il est de retour » raconte le retour d’Hitler, 70 ans après sa mort, dans le Berlin d’aujourd’hui. Publié en septembre 2012, il s’est vendu à plus de 1,5 millions d’exemplaires outre-Rhin. Un véritable succès commercial et un livre qui fait débat !

Son auteur, Timur Vermes, était à Paris à l’occasion de la sortie, aux éditions Belfond, de l’édition française. Nous l’avons rencontré dans un hôtel cossu du 6ème arrondissement, bondissant d’un salon à l’autre enchaînant interviews et photos. Semblant s’amuser des questions. Surpris par le succès mais ravi.

Il faut dire qu’il a fait fort en organisant, ni plus ni moins, la résurrection d’un dictateur. Mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’Hitler. Dans une satire grinçante, il prête sa plume, il n’a pas de mal puisqu’il a été nègre dans l’édition, à un Hitler d’abord surpris par ce qu’il découvre. Comment ? Le chancelier est une chancelière. Bolchevique en plus ! Et la presse n’en parlons pas. Puis, les idées d’hier viennent s’appliquer à l’actualité d’aujourd’hui. Seul, sans appui, sans argent… Mais il suffit d’une tribune. Une ascension qui ressemble étrangement à du déjà vu.

En choisissant la parodie, l’auteur a vu très vite le parti qu’il pouvait en tirer. Déjà, il trouve « drôle » de faire vivre Hitler dans la société actuelle et pratique d’insérer des éléments de l’Histoire. Une façon divertissante de faire des parallèles entre hier et aujourd’hui. L’idée étant, d’en faire un personnage ni meilleur ni pire que ce qu’il était. Ni aussi monstrueux que l’on souhaiterait.

Timur Vermes se défend comme un beau diable de vouloir banaliser Hitler. Il n’est pas loin de penser qu’il fait œuvre de salut public en proposant une version simplifiée de Mein Kampf aux lecteurs allemands. En ajoutant que ça ne sert à rien de faire l’autruche mieux vaut regarder la situation en face. Hitler a été élu au suffrage universel en ne cachant rien de ses intentions. Et il conclut que nous ne sommes pas immunisés contre un nouvel Hitler.

De là à dire que son livre pourrait être un vaccin ? Un pas qu’il ne franchit pas. Juste consent-il à dire que le livre est maintenant entre les mains du lecteur… En tout cas, ce roman ne manque pas d’alimenter le débat. Peut-on rire de tout, en l’occurrence ici d’un des personnages les plus sinistres du siècle dernier ? Faut-il en parler ou bien le silence est-il préférable ? Depuis sa sortie, « Il est de retour » divise l’opinion allemande. Les critiques sont restés quelque peu silencieux. Mais les lecteurs sont néanmoins là.

Il est de retour. De Timur Vermes.

Traduit par Pierre Deshusses

Aux éditions Belfond.

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