Une femme attend sous un abribus, face à la mer. Attend-elle un bus ? Un bateau ? Un couple vient vers elle, l’informe que le bus est déjà passé. Et qu’une tempête arrive. Ils accueillent, chez eux, la femme et sa valise. Elle, c’est Bente. Écrivain célèbre en mal d’inspiration et femme en perdition. Eux, c’est Cocotte et Johnny.

Un couple foncièrement gentil. Bente va peu à peu entrer dans leur intimité et faire connaissance avec Elly, la voisine qui joue au loto les multiples de deux et de sept, avec Ibber, le frère de Cocotte, dont le portable ne sert qu’à éclairer la nuit, avec l’oncle, qui vit seul dans une maison dont le décor lui rappelle tous les jours qu’une femme y a habité… Jusqu’au jour où Johnny, victime d’un accident, doit être hospitalisé. Cocotte l’accompagne et Bente se retrouve seule chez eux. À devoir s’occuper des chiens, des commissions et du bois à ranger. Elle prend sa place dans leur vie.

Helle Helle décrit avec talent les petits et les grands riens de la vie quotidienne. Toutes ces choses qui ne sont pas extraordinaires et qui font les petits et les grands bonheurs. Mais ne nous y trompons pas, derrière cette apparente simplicité, Helle Helle prend un malin plaisir à fouiller, à égratigner les surfaces trop lisses, à retourner les situations qui parfois semblent évidentes, à raconter les relations entres les individus.

À la fois déroutant et mélancolique, tendre et drôle, léger et profond, Chienne de Vie nous emmène dans cette atmosphère que l’on imagine nordique, faite de froid, de neige et de vent et où les feux de cheminée peinent à réchauffer les corps.

Chienne de vie est le cinquième roman de Helle Helle et le premier traduit en français. Premier écrivain danois à avoir reçu le prestigieux prix Per Olov Enquist, ses romans sont maintenant des classiques de la littérature danoise.

Chienne de vie. De Helle Helle est traduit du danois par Catherine Lise Dubos

Ed. Le Serpent à plumes.

 

 

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