Parmi les titres les plus connus de Jean Giono Le hussard sur le toit, Que ma joie demeure, Colline, Regain, Un de Baumugnes… Auteur phare du XXé siècle, l’année qui vient sera l’année du cinquantième anniversaire de sa mort, une occasion de revenir, sur un écrivain beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Dans le cadre de l’Année Giono, le Mucem présente une grande rétrospective consacrée à Jean Giono (1895 – 1970). Loin de l’image simplifiée de l’écrivain provençal, cette exposition suit le trajet de l’œuvre écrite et filmée en lui rendant toute sa noirceur, son nerf et son universalité. Poète revenu des charniers de la Première Guerre mondiale, Giono s’est en effet autant attaché à décrire la profondeur du Mal qu’à en trouver les antidotes : création, travail, pacifisme, amitié des peintres, refuge dans la nature, évasion dans l’imaginaire.

Pour donner chair à l’un des artistes les plus prolifiques du XXsiècle, la quasi-totalité de ses manuscrits, exposée pour la première fois, entre en dialogue avec près de 300 œuvres et documents : archives familiales et administratives (dont celles de ses deux emprisonnements), correspondances, reportages photographiques, éditions originales, entretiens filmés, ainsi que tous les carnets de travail de l’écrivain, le manuscrit des dernières semaines de son Journal de l’Occupation, les films réalisés par lui ou qu’il a produits et scénarisés, les adaptations cinématographiques de son œuvre par Marcel Pagnol et Jean-Paul Rappeneau, les peintures naïves du mystérieux Charles-Frédéric Brun qui lui inspira Le Déserteur, et les tableaux de ses amis peintres, au premier rang desquels Bernard Buffet.

Ces traces matérielles de la vie et de la création sont redoublées par l’évocation symbolique d’expériences matricielles de l’œuvre, confiée à quatre artistes contemporains. Celle de Giono simple soldat perdu dans le fracas de la guerre (sans laquelle on ne peut comprendre ni les livres, ni l’engagement pacifiste, ni les emprisonnements et polémiques politiques qui scandent et obscurcissent son parcours) ouvre logiquement l’exposition avec une installation de Jean-Jacques Lebel. Vient ensuite une Provence incarnée loin des clichés folkloriques, à travers les œuvres de l’artiste Thu Van Tran et du cinéaste Alessandro Comodin. Enfin, la plasticienne Clémentine Mélois revisite la bibliothèque de Giono, ce lieu de liberté et de respiration, au cœur de sa vie comme de l’exposition.

Affiche Giono © Mucem

Exposition du 30 octobre 2019 au 17 février 2020 au Mucem J4- Niveau 2

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