France : Perros-Guirec.
Perros-Guirec. Anthony Canias.
J’ai pris la route comme d’habitude, ceinture attachée, valise encoffrée. Je sors de Versailles et le vieux single de Kylie Minogue résonne à fond dans mon monospace.
Trois heures plus tard radars y compris, je fais une courte escale à Rennes. J’irais bien au match ce soir mais je dîne en famille dans une crêperie place de Bretagne à deux pas de la grande poste. L’accueil est génial et je ne résiste pas aux galettes de blé noir. Je reprends une bolée.
Pèlerinage à Perros Guirec demain. Cela fait des années, peut-être même quarante que je ne suis pas retourné dans cet endroit. J’ai un vague souvenir de cette fois où j’avais failli me noyer mais je ne me souviens plus si c’était dans le coin.
J’arrive sur place juste avant l’heure du déjeuner. J’ai oublié mon appareil photo et j’utilise mon téléphone portable pour mitrailler tous ces bateaux et le paysage énorme, cette vue extraordinaire. Je suis persuadé que les plus beaux coins du monde sont tous situés sur les côtes bretonnes. Je suis un pur produit du terroir mais je sais bien qu’au fond de moi-même il manque parfois quelques degrés. Je mange au restaurant du quai. Les huîtres ne sont pas bien ouvertes mais elles sont exquises. Je file à la plage de Ploumanach. Je me gare au milieu de la place et je fais d’abord mon petit shopping dans les boutiques de souvenirs mélangées aux petits restaurants. Je dévalise le premier magasin de porte-clés et biscuits du coin. Quelques tee-shirts feront aussi l’affaire.
Ça me revient cette fois au moment où elle apparaît en face de moi. La plage est très petite, la descente est brute. Je suis scotché quand j’aperçois ce vieux rocher, celui là même d’où j’étais tombé. Je ne me souviens plus qui m’avait sorti de l’eau, qui m’avait sauvé. Une sirène peut-être ? J’avais dix ans j’en suis sûr maintenant.
Anthony Canias, Perros Guirec, mai 2010
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