France : du stress au suicide.. Quelles ressources humaines?
L’Observatoire du stress s’inquiète des conditions de travail à France Télécom où l’on recense 17 suicides ou tentatives depuis quinze mois.
Il y a quinze jours, une employée de 42 ans, s’est tuée à son domicile en Ile-de-France. La jeune femme, cadre à France Télécom, ne supportait plus ses conditions de travail. Sa famille est certaine qu’elle n’avait aucun autre souci. Sa hiérarchie préfère parler de « drame personnel », sans cependant minimiser la tragédie car c’est une de plus, une de trop. En l’espace de quinze mois, dix-sept salariés de l’entreprise ont tenté de mourir, commettant un geste désespéré qui a été fatal à huit d’entre eux. Laurent Zylberberg, directeur des relations sociales, admet que « c’est un signal », que l’entreprise a « nécessairement un sentiment d’implication ».
Cet événement s'est déroulé le 18 mai dernier..
Le 11 septembre 2009, un drame identique a frappé la famille d’une employée de France Télécom. Agée de 32 ans, la jeune femme s'est défenestrée d'un immeuble parisien du groupe. Après la vague de suicide chez le constructeur automobile français Renault de 2006 à 2007 qui donne lieu à un procès se déroulant aujourd'hui même, on se demande quel politique "management" s'opère depuis quelques années dans les grands groupes français.
Le problème du surmenage et du stress intensif, entraînant de graves conséquences se définissait à une certaine époque par le management à la japonaise, culturellement admis ou du moins excusé. Alors que le procès devant le TASS, intenté pour "faute inexcusable" contre la marque au losange se justifie par la gravité de l'événement. Il permet surtout de s'interroger sur les conséquences de tels dysfonctionnements aux seins d'une entreprise. Le phénomène Hara-kiri a semble t’il dépassé cette frontière. Que l'économie mondiale traverse une période difficile, que la crise actuelle exige une rigueur et une obligation de rentabilité, n’empêche cependant pas le respect de l’être humain. Qu'il existe une culture d'entreprise, une rigueur budgétaire ne justifie pas les méfaits occasionnés sur le personnel des entreprises. Il serait temps de redonner aux ressources un peu d'humanité, ainsi qu’une considération humaine au management.
Une interview faite il y a quelques jours nous montre que France Télécom et Renault, bien que plus médiatisés ne sont pas les seuls groupes concernés par cette vague de suicide et de stress intense. La considération envers les personnels passe bien après les politiques de budget et de rentabilité, laissant de côté l'aspect humain que l'on gère au cas par cas en phase critique et dans la mesure où il nuit à l'image de l'entreprise ou à sa bonne marche.
Des employés de Relay, société du groupe Lagardère seraient exposés au même déficit humain de la part de leur encadrement. Victime de plusieurs agressions, attaque à main armée, vol à l'arraché, braquage, leur direction leur impose de continuer leur travail et de respecter leur contrat dans les mêmes conditions d’insécurité, arguant du fait que ces événements sont isolés et que les employés concernés n'ont subit qu'un "drame personnel".. Quatre fois en un an pour une seule gare parisienne, dont trois dans des circonstances identiques de mai à juillet 2009. Faut ’il attendre un autre accident aux conséquences plus graves, un drame plus médiatique et crucial aux yeux de l'entreprise. Sans parler des conséquences psychologiques sur les personnes concernées, des incidences sur les autres salariés et par conséquent sur l'entreprise elle-même. Blessures physiques et psychiques, épiphénomènes de Sociétés qui ne gèrent plus que des seuils de rentabilité et quelques "Ressources Humaines. Sommes nous retombés dans un stricte irrespect de "l’employé" en tant que simple fournisseur de richesse, place t’on la rentabilité avant la vie de l'homme ou tout simplement manque t'on de sens et d'humanité?
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