Danmark : Chienne de vie. De Helle Helle.

Par Brigitte Boucard | 03/03/2011 | 22:09

Une femme attend sous un abribus, face à la mer. Attend-elle un bus ? Un bateau ? Un couple vient vers elle, l’informe que le bus est déjà passé. Et qu’une tempête arrive. Ils accueillent, chez eux, la femme et sa valise. Elle, c’est Bente. Ecrivain célèbre en mal d’inspiration et femme en perdition. Eux, c’est Cocotte et Johnny. Un couple foncièrement gentil. Bente va peu à peu entrer dans leur intimité et faire connaissance avec Elly, la voisine qui  joue au loto les multiples de deux et de sept, avec Ibber, le frère de Cocotte, dont le portable ne sert qu’à éclairer la nuit, avec l’oncle, qui vit seul dans une maison dont le décor lui rappelle tous les jours qu’une femme y a habité…Jusqu’au jour où Johnny, victime d’un accident, doit être hospitalisé. Cocotte l’accompagne et Bente se retrouve seule chez eux. À devoir s’occuper des chiens, des commissions et du bois à ranger. Elle prend sa place dans leur vie…

 

Helle Helle décrit avec talent  les petits et les grands riens de la vie quotidienne. Toutes ces choses qui ne sont pas extraordinaires et qui font les petits et les grands bonheurs. Mais ne nous y trompons pas, derrière cette apparente simplicité, Helle Helle prend un malin plaisir à fouiller, à égratigner les surfaces trop lisses, à retourner les situations qui parfois semblent  évidentes, à raconter les relations entres les individus.

À la fois déroutant et mélancolique, tendre et drôle, léger et profond, Chienne de Vie nous emmène dans cette atmosphère que l’on imagine nordique, faite de froid, de neige et de vent et où les feux de cheminée peinent à réchauffer les corps.

 

Chienne de vie est le cinquième roman de Helle Helle et le premier traduit en français.

Premier écrivain danois à avoir reçu le prestigieux prix Per Olov Enquist, ses romans sont  maintenant des classiques de la littérature danoise.

 

Chienne de vie. De Helle Helle.

Traduit du danois par Catherine Lise Dubos

Ed. Le Serpent à plumes.

Bookmark and Share

1 commentaires



De St Illide
Non inscrit
08/03/2011 14H18
J'aime bien cette analyse : qui n'a pas été, un jour, ou Cocotte ou Johny ou Bente ? c'est, ou bien qu'il le sera un jour ou qu'il ne comprend rien à la vie qui se tisse, à travers des événements qui paraissent micro et qui, pourtant, en font toute la trame et toute la saveur. La vie est belle tout le temps !

L'auteur

Passionnée de littérature ....et des villes