France : Bretagne For Ever. Il y a le ciel, la pluie et la mer…
Il fait toujours beau en Bretagne. Ça fait presque 50 ans que je répète la même chose. Je suis persuadé que c’est vrai, et que seuls les gens qui n’ont jamais été dans la plus belle région de France n’y croient pas. Je me suis posé dans le nord de l’Ille et vilaine, choisissant de faire la route chaque jour, une heure trente pour traverser la nationale à deux voies, 110 maxi devant les radars de Nicolas, et vitesse indéterminée entre ces boites à fric.
On dirait le sud, mais je suis passé par Cancale, petite ville hyper mignonne située à deux pâtés de sable du Mont Saint Michel. J’ai mangé face à la mer, au « Contre courant ». Douze euros sourire compris pour neufs huitres, une aile de raie (un poisson volant ?), une bonne glace et un café. A Paris, douze euros c’est le prix d’une entrée. Je descends et je file à Concarneau. La ville close est en travaux, on refait le carrelage, ou plutôt le sol. Des grands carreaux où on ne risque plus de se coincer les talons aiguilles.
Dans un des endroits non encore fait, un bout de canne coincé entre deux vieux pavés.
Il parait que c’est le docteur House qui est passé par là. Je fais le tour, y’a un vent et un bout de pluie ! Mon parapluie a presque vingt ans, les baleines sombrent et je me résous à les déposer dans une poubelle assez grande pour accueillir ces grands cétacés.
Maussade le lendemain. Je fais Penmarc’h et Saint Guénolé, un endroit où j’avais passé de belles colonies de vacances dans les années 70. Le vent couvre ma voix quand du haut des rochers je crie « Aline ». Je file acheter quelques souvenirs dans une grande boutique déserte au bout de la ville. Il est encore tôt, la saison n’est pas commencée. Je rentre par Vannes, le port est magnifique. Ils servent des huitres en continu dans la brasserie d’en face, je m’y arrête un long moment.
Le troisième jour, Carnac et ses dolmens. Ils sont bien rangés alignés dans les différents parcs d’alignement, et pas un n’ose bouger. Je parlais du temps, et oui, tous ces gros blocs de pierre sont mouillés ! Pas de chance, il faisait toujours beau en Bretagne. Je file un peu plus bas, mais pas trop quand même parce qu’après c’est le grand vide. Quiberon, la côte sauvage. Elle a envie de me mordre tellement les crocs du vent soufflent. La brume s’est invitée et je n’ai plus de batterie dans mon appareil numérique. Je me souviens que mon iphone fait aussi des photos. Il me reste un peu de temps, juste de quoi aller à Pont-Aven, la ville maman des Traou Mad. J’étais petit quand au bord du canal je passais des heures à regarder à travers les fenêtres la fabrication de ces merveilleux biscuits, sentir cette odeur formidable. Et puis un jour, plus rien, c’était devenu trop petit. La fabrique a été déplacée dans le haut de la ville, dans une zone d’activité. Rien n’a changé aujourd’hui. La ville est belle, toujours traversée par le canal. Une boutique a remplacé la mini usine d’origine. C’est un fond de pension américain qui a racheté la société. Il parait quand même que personne ne se plaint de devoir travailler deux ans de plus dans cette usine.
Le lendemain, jour du retour, je n’arrive pas à me lever. J’ai acheté l’album de Nolwenn Leroy. Je le mets en route après les informations. La route est fluide. Je quitte Saint Lunaire. Le ciel bleu est enfin apparu.
Photos: Tous droits réservés. Antony Canias.
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