Kenya : one week
Je ne me sentais pas bien dans l'avion. Le physique peut-être ou le stress d'un si long voyage. Je me suis allongé sur les quatre sièges du milieu. L'airbus n'est qu'à moitié plein.
"Jambo" (bonjour).
C'est le premier mot que j'entends en descendant sur le tarmac. Tous les Kenyans disent bonjour, tous les kenyans sourient. Nous montons à six dans le minibus. Le chauffeur termine de fixer les valises sur le toit. Je suis installé devant à sa gauche. Je regarde partout autour de moi. Nous sommes au bout de la capitale, les routes sont en terre. La circulation est très fluide, pour ne pas dire déserte. Il est à peine quatorze heures et la clim tourne à fond bien que l'air n'est pas très étouffant. Le feu est rouge à une vingtaine de mètres mais le véhicule ne ralentit pas. Je regarde le chauffeur étonné qui remarque ma frayeur.
-Cela ne fait rien. Il n'y a aucune voiture à l'horizon, alors le feu est inutile.
les autres voyageurs n'ont rien remarqué. Nous sortons de la ville pour rejoindre une route bitumée au bord des collines. Les premières pauses dans de petites échoppes bien situées le long de la route, puis nous arrivons auprès d'une étendue d'eau géante, le lac Nakuru situé en altitude. cent quatre vingt huit kilomètres carrés où vivent un million de flamants roses. Nous descendons pour prendre les premières photos. On ne voit plus l'horizon tellement ils sont nombreux. Quelques minutes plus tard, nous filons à pied sur une petite colline située à trois cent mètres. Quelques singes habitués à la présence humaine ne s'écartent même pas sur notre passage. Nous ne sommes dans ce pays que depuis quelques heures, et je suis loin de m'imaginer que ce premier après-midi n'est qu'un hors d'oeuvre.
Kenya, 1991
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